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Le blablablog de Marthe

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Baudelaire, Rodin, Spleen et Idéal

Baudelaire, Rodin, Spleen et Idéal

Rodin, fasciné par Baudelaire, illustre "Les Fleurs du Mal". Beauté, volupté, vieillesse, amour et mort couronnent d’un feu incandescent l’œuvre de ces deux artistes visionnaires.

Rodin, fasciné par Baudelaire, illustre "Les Fleurs du Mal". Beauté, volupté, vieillesse, amour et mort couronnent d’un feu incandescent l’œuvre de ces deux artistes visionnaires.

Auguste Rodin (1840/1917) éprouvait une immense admiration pour Charles Baudelaire (1821/1867). Passionné par sa poésie, il réalisa quelques illustrations de l'édition originale de 1887 des Fleurs du Mal. Durant quatre mois, il travailla sur ce projet : dessins au trait ou ombrés, au fond hachuré et au lavis chargé d'encre et de gouache... Ces dessins apparaissent en frontispice des poèmes ou envahissent parfois le texte.

Quand le sculpteur de La Porte de l'Enfer  et l'auteur des Fleurs du Mal  se rencontrent sous l'inspiration de Dante.

L'irrémédiable

I

Une Idée, une Forme, un Être Parti de l'azur et tombé Dans un Styx bourbeux et plombé Où nul œil du Ciel ne pénètre ;

Un Ange, imprudent voyageur Qu'a tenté l'amour du difforme, Au fond d'un cauchemar énorme Se débattant comme un nageur,

Et luttant, angoisses funèbres ! Contre un gigantesque remous Qui va chantant comme les fous Et pirouettant dans les ténèbres ;

Un malheureux ensorcelé Dans ses tâtonnements futiles, Pour fuir d'un lieu plein de reptiles, Cherchant la lumière et la clé ;

Un damné descendant sans lampe, Au bord d'un gouffre dont l'odeur Trahit l'humide profondeur, D'éternels escaliers sans rampe,

Où veillent des monstres visqueux Dont les larges yeux de phosphore Font une nuit plus noire encore Et ne rendent visibles qu'eux ;

Un navire pris dans le pôle, Comme en un piège de cristal, Cherchant par quel détroit fatal Il est tombé dans cette geôle ;

- Emblèmes nets, tableau parfait D'une fortune irrémédiable, Qui donne à penser que le Diable Fait toujours bien tout ce qu'il fait !

II

Tête-à-tête sombre et limpide Qu'un cœur devenu son miroir ! Puits de Vérité, clair et noir, Où tremble une étoile livide,

Un phare ironique, infernal, Flambeau des grâces sataniques, Soulagement et gloire uniques - La conscience dans le Mal !
 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal

Rodin - Baudelaire (La Destruction/Une Martyre) "Les Fleurs du Mal"

Rodin - Baudelaire (Une Charogne) "Les Fleurs du Mal"