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Le blablablog de Marthe

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Les Tournesols

Les Tournesols

Je sens en moi un feu que je ne peux laisser éteindre, qu’au contraire je dois aviver malgré que je ne sache pas à quoi cela va me mener

Vincent Van Gogh

“Les Tournesols” ~ un film de Dominique Petit et Claude Val ~ avec Rodolfo Araya, Giovanni Cedolin, Frédéric Lescure, Nasser Martin-Gousset, Yann Marussich, Dominique petit, Sahby Saadaoui, Kader Zeghari et Gregory Signoret

Ce qu’il y a de magistral dans la peinture de Vincent Van Gogh, c’est qu’il convoque un autre mode de perception de l’œuvre qui articule, en une vision singulière, la part accordée au médium et la représentation picturale.
À travers le motif ou le sujet traité, il met en exergue l’urgence de l’accomplissement et cette urgence se donne à voir par une picturalité puissante où l’incarnation s’opère par la touche, le geste. Il réifie le médium pictural, l’affirme en tant chair colorée. La technique ne cache rien du savoir faire, au contraire elle l’expose.

« Je sais bien que pas une fleur n'est dessinée, que ce ne sont que des touches de couleur ; rouges, jaunes, roses, orangées, vertes, bleues, violettes ; mais l'impression de toutes ces couleurs, l'une après l'autre, se retrouve bien dans ce tableau comme dans la nature. » — Vincent Van Gogh

Plus que d’utiliser la couleur à des fins d’embellissement, il peint, soit par l’intermédiaire du pinceau, soit par l’utilisation directe du tube. Il n’y a plus de frontière entre le dessin "charpente" et "la couleur remplissage" mais une vraie communion qui lie le geste et l’image peinte.
Comme le souligne Gilles Deleuze « En art, et en peinture comme en musique, il ne s'agit pas de reproduire ou d'inventer des formes, mais de capter des forces » ; on peut en dire tout autant de l'acte chorégraphique. La célèbre formule de Paul Klee « non pas rendre le visible mais rendre visible » ne signifie pas autre chose.
Ce qu’explore la peinture de Van Gogh est un état de quête, c’est un mouvement permanent vers l’accomplissement, mais le but n’est jamais atteint puisqu’il est par définition et en permanence couplé à un état d’insatisfaction perpétuelle.
On peut très certainement dire qu’il cherchait la lumière autant sur le plan de la couleur que sur le plan métaphysique.
Il y a de la violence dans son travail, une rage qui implique une totalité de l’engagement tant sur le plan spirituel que physique.
On dit qu’il lui arrivait d’ingurgiter de la couleur mais que ce soit vrai ou non cela souligne une chose, le fait qu’il n’y avait plus cette distance de l’artiste face à sa peinture mais un réel état de dépendance qui conditionnait totalement sa vie jusqu’à se confondre ou fusionner avec.
Quant à son amitié avec Paul Gauguin, elle est du même acabit. Outre l’admiration qu’il éprouvait pour celui qui avait exploré en peinture ce que l’on désigne par "Cloisonnisme", il y avait aussi une rivalité d’artistes.
Cette amitié, on le sait, s’est terminée, lors d’un séjour à Arles (où les tournesols ont été peints, une série de 7 tableaux), après une vive altercation, par un acte d’automutilation de Vincent.
On retrouve cette violence symboliquement représentée par des rapports duels dans le film de Dominique Petit.

LES TOURNESOLS, le film
réalisation Claude Val et Dominique Petit | 1991 | couleur | 22 minutes
Lumière d'aurore. Un homme marche dans un paysage de Provence endormi. Il monte vers un village. Sur le muret d'une place qui surplombe la vallée, il découvre un autre homme assoupi. D'autres hommes attendent dans les rues désertes. Bientôt, tous se retrouvent sur la place et enchaînent des danses de groupe et des solos, tour à tour nonchalants et nerveux.
Ces danses élégantes et viriles, énergiques et sensuelles, très librement inspirées de la vie de Vincent Van Gogh, sont magnifiquement chorégraphiées par Dominique Petit. Il ne s'agit nullement ici d'un spectacle de danse enregistré, mais d'une mise en scène construite pour l’image et par l’image. Ce film insiste sur l'aspect rituel de l'écriture gestuelle. L'atmosphère y est délibérément méditerranéenne. Une réalisation subtile, loin des clichés qu'inspire souvent la vie du peintre amoureux de la lumière du midi de la France.

Les Tournesols ~ Vincent Van Gogh (août 1888/janvier 1889), huile sur toile

Les Tournesols ~ Vincent Van Gogh (août 1888/janvier 1889), huile sur toile

De gauche à droite et de haut en bas :
- Vase avec douze tournesols (Arles, août 1888)
- Vase avec trois tournesols (Arles, août 1888)

- Vase avec quinze tournesols (Arles, août 1888)
- Vase avec cinq tournesols (Arles, août 1888)
- Vase avec quinze tournesols (Arles, janvier 1889)
- Vase avec quinze tournesols (Arles, janvier 1889)
- Vase avec douze tournesols (Arles, janvier 1889)